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Les priorités de Benjamin Mermet : nouveau DSI de la Fondation du Patrimoine.

Créée en 1996, la Fondation du Patrimoine est l’une des premières institutions en France à faire appel à la générosité de la société civile pour sauvegarder et valoriser le patrimoine rural non protégé. J’ai rencontré Benjamin Mermet, nouveau DSI (Directeur des Systèmes d’Information) de la Fondation du Patrimoine. En poste depuis septembre 2014, Benjamin Mermet me fait part de ses nouvelles missions et de son intérêt pour les serious games.


Comment avez vous commencé à travailler pour la Fondation du Patrimoine ?

En 2003, après une école d’ingénieur agronome avec une spécialisation en aménagement et développement rural, j’ai fait mon mémoire de fin d’étude à la Fondation du Patrimoine avec pour thématique : le patrimoine comme ressource mobilisable pour créer du développement. A la fin de mon stage, j’ai été recruté pour développer différents outils financiers à destination de collectivités et d’associations qui se lançaient dans des travaux de restauration de leur patrimoine. Ainsi, jusqu’à l’automne dernier, j’étais en charge du financement des projets publics à la Fondation.

Début 2014, la fondation du patrimoine change de directeur général. Une forte volonté de François-Xavier BIEUVILLE est d’inscrire plus massivement le digital dans les actions de la fondation. Il crée donc un poste de directeur des systèmes d’information. Je connaissais bien les actions et les outils de la fondation, j’ai ainsi démarré ma mission au mois de septembre.

DSC_8832editedComment se présentent ces outils financiers ?

Aujourd’hui, un porteur de projet peut télécharger le dossier sur internet, l’imprimer et nous le renvoyer soit par courrier soit par mail. Il n’y actuellement aucun traitement des dossiers directement en ligne. Ainsi, nous sommes obligés de traiter en délégation les informations dans une base de données. Cette procédure à deux freins : le premier est la perte de temps considérable passée à rentrer les données, le second est le risque important d’erreurs. Il faut savoir que tout le volet administratif, technique et financier des dossiers est assuré au niveau des délégations, composées à 90% de bénévoles. Il est dommageable que 10% des salariés passent une partie de leur temps dans des démarches administratives.

La dématérialisation des outils financiers fait donc partie de votre priorité dans vos nouvelles missions ?

J’ai plusieurs priorités dans ma nouvelle mission. Il y a les chantiers invisibles pour le public qui concernent tout le remaniement interne de nos outils. Ensuite, il y les chantiers visibles notamment avec la refonte de notre site internet.

Aujourd’hui, notre site n’est pas en « responsive design ». Pour encourager la mobilité de nos bénévoles, il est nécessaire de créer un site accessible sur smartphone et tablette. Il est important d’avoir une vision de l’activité en temps réel. Les demandes de porteurs de projet doivent ainsi être plus simple et se faire directement en ligne.

Nous souhaitons également donner la possibilité à nos bénévoles de commencer à constituer le dossier directement sur le terrain au moyen de tablette ou avec leur smartphone : prendre des photos, récupérer des éléments in situ, etc. Nos chargés de missions ont tous des bacs plus 5, il est dommage de voir qu’un tiers, voire la moitié de leur temps, est consacré à des tâches qui pourraient grandement être facilitées par les nouvelles technologies.

L’objectif est d’utiliser l’informatique pour  d’une part être plus efficace, mais d’autre part se dégager du temps pour notre mission prioritaire : trouver de l’argent pour financer et sauvegarder notre patrimoine.

Et le don en ligne ?

Jusqu’à présent 95% des dons que l’on reçoit sont faits par chèques, les dons en ligne ne représentent que 5% du montant global collecté. Ces chiffres sont en partie dus au fait que 60% des projets sont portés par des communes de moins de 500 habitants, pas encore familiarisées avec les nouvelles technologies. Nous devons donc également encourager de manière significative le don en ligne.

Nous avons étés les premiers à créer une plateforme de dons. Ces dernières années et derniers mois, avec l’émergence de plateformes « crowdfunding » dans le domaine culturel et patrimonial, nous avons besoin de nous repositionner.

Seul pendant longtemps, il faut se mettre au goût du jour !

Les serious games seraient-ils des dispositifs intéressants pour la Fondation du Patrimoine ?

Je perçois bien l’enjeu de la sensibilisation auprès des publics avec ces nouveaux dispositifs. Sur le principe, je trouve cette démarche très intéressante, elle ouvre des perspectives. Il ne faut toutefois pas que ce ne soit qu’un gadget mais un réel outil pour les actions de la fondation et des délégations.

A titre d’exemple, la délégation du limousin est très active pour utiliser les nouvelles technologies, notamment le jeu, afin de promouvoir le patrimoine de sa région. Elle a été partenaire avec le CRT Limousin pour la création d’une chasse au trésor à la manière du geocaching : Terra Aventura[1]. A chaque découverte d’un trésor, un « zethik », monnaie virtuelle correspondant environ à un euro, est reversé pour restaurer le patrimoine régional. Cette expérience est un succès, ils en sont à leur 5ème saison !

La Fondation du Patrimoine serait plus intéressée pour développer un persuasive game sur ses actions. Même si le don moyen (160 euros pour les particuliers et de 1200 euros par les entreprises) affecté à la fondation est élevé en comparaison des dons en France, un jeu pourrait faire prendre conscience, d’une manière ludique, à la société civile qu’elle peut s’investir davantage en faveur de la protection de son patrimoine. C’est d’ailleurs le fondement même de la fondation du patrimoine ! Le jeu pourrait toucher un public encore peu présent voir inexistant, ou bien fidéliser nos donateurs actuels. Une autre application d’un serious game serait d’envisager un « learning game » pour former nos bénévoles tout au long de l’année sur les actions à mener et les bonnes pratiques sur le terrain.

Les priorités actuelles sont les 1500 projets en cours où l’internaute peut apporter sa contribution ! Pour le moment, on a encore du mal à dégager des ressources financières pour se lancer dans des actions innovantes de valorisation et de sensibilisation.

Je ne suis qu’au début de ma nouvelle fonction, mais il est clair qu’un dispositif serious game est très enthousiasmant pour les actions à venir de la Fondation, tant pour former que pour sensibiliser …

A vous de jouer désormais ! Affaires à suivre donc !

fondation patrimoine


Pour plus d’info : 

https://www.fondation-patrimoine.org/

http://www.terra-aventura.fr/

http://pro.tourismelimousin.com/Strategie/Developpement-touristique/Terra-Aventura-geocaching-made-in-Limousin

4 réflexions sur “Les priorités de Benjamin Mermet : nouveau DSI de la Fondation du Patrimoine.

  1. First of all, excuse me for my English. I would like to tell you a remarkable story about Mr Mermet. In March 2014 I was on a trip to Paris with my parents (I come from Macedonia )when our group took the metro and left us alone, at the metro station, lost with nobody. We didn’t know what to do. My mother teaches french in high school so she understands the language quite perfect. Panicked, she started to ask everyone there which metro should we take to get to Esplanade de defense. Mr Mermet came close, introduced himself and said he was going the same direction. We took the metro together, although I suspect he was actually heading that way because of his own purpose. He took that metro because he just wanted to help us, poor lost Macedonians in the dark Parisienne night. As we arrived at Esplanade de defense, he said goodbye, gave us his contact and dissappeared into the night. That was the biggest thing someone unknown has ever done for me. He is a great, great, wonderful person. If it wasn’t for him, we would miss our drive home. Thank you for your generosity dearest Mr Mermet! I will never forget you!

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  2. C’est tout à fait positif que le secteur du patrimoine s’empare des outils comme les serious games. C’est un des milieux les plus dynamiques dans ce domaine, ce qui est assez surprenant : on aurait pu imaginer que les grandes entreprises de service soient beaucoup plus intéressées mais force est de constater que ce n’est pas le cas.

    Aimé par 1 personne

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