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Serious Game et formation : un duo gagnant !

Christian Gayton, Directeur du pôle Digital Learning de Serious Factory


Vous êtes directeur du pôle digital learning de Serious Factory. En quoi consiste votre métier et quelles sont vos missions ?

Je suis avant tout un autodidacte avec plus de 25 ans d’expérience dans l’innovation pédagogique multimédia. J’ai intégré Serious Factory en 2014 afin de développer son pôle Digital Learning. J’apporte ainsi mon savoir-faire et mon expérience pour enrichir pédagogiquement les solutions immersives de formation et d’entraînement développées par Serious Factory. L’équipe est composée de consultants expérimentés, de développeurs experts, de créatifs aguerris et d’une équipe de management impliquée et spécialisée, pour prendre en compte tous les besoins de nos clients, et être force de proposition en ingénierie de dispositifs innovants.

Avec 26 ans de carrière dans le e-learning, vous êtes devenu un véritable spécialiste. Comment définissez vous la pédagogie innovante à travers le Serious Gaming ?

Le Serious Game présente l’énorme avantage de pouvoir travailler sur le comportement.

En effet, j’ai une forte expertise en ingénierie pédagogique dans le secteur de la formation professionnelle. Dès le début des années 90, j’ai adopté le multimédia avant de créer ma propre société de Digital Learning pour accompagner de nombreuses entreprises en France et à l’international.

J’ai donc crée en 2007, Qoveo, une start-up innovante, qui est née de l’idée de rapprocher le monde du e-learning de celui des logiciels de gestion des compétences. Son but était d’utiliser une pédagogie active permettant la prise de conscience afin de transmettre des connaissances générales et techniques, développer des compétences métiers et opérationnelles, ainsi que travailler sur les attitudes, postures et bonnes pratiques.

Qoveo employait 30 personnes et était présent dans quatre pays avec des bureaux à Lyon, Tunis, Casablanca et Moscou. De grands noms lui ont fait confiance comme la BPCE en France, Orange en Tunisie, Auchan en Russie et le CGEM (équivalent du Medef) au Maroc. Historiquement très présent sur le marché des Serious Games, Qoveo avait réussi ses objectifs, mais en 2013 mes investisseurs ont décidé de ne plus financer l’entreprise.

Le Serious Game présente l’énorme avantage de pouvoir travailler sur le comportement, et c’est là l’une des clés les plus importantes en termes de pédagogie. Et lorsqu’il s’inscrit en plus dans une logique de simulation (comme c’est le cas chez Serious Factory), alors nous pouvons considérer que l’innovation porte non seulement sur l’apprentissage, mais aussi sur l’entraînement et l’acquisition durable des compétences. Cette notion de pérennisation des acquis est trop souvent oubliée dans la formation en général, et dans le Digital Learning en particulier.

Comment définir une gestion de projet pour un Serious Game efficace ? Comment travaillez-vous avec vos clients ? Quelle est la clef de la réussite ?

La clé de la réussite est basée sur la motivation du porteur du projet !

Nous travaillons en 4 étapes :

  • Besoins : Au moyen de workshops nous réalisons une étude approfondie des besoins de nos clients, puis nous les conseillons et nous préconisons les solutions correspondantes. C’est alors aux Directeurs de Projet (chez le client et chez nous), de trancher sur les ambitions et les moyens qui seront mis en œuvre. Cette partie est très importante car elle permet d’avoir une définition claire du périmètre d’action et de réaliser le phasage et le lotissement du projet.
  • Design : Cette partie permet de réaliser une maquette et des prototypes, puis de définir les différents processus de séquencement, pour enfin aligner les besoins graphiques.
  • Réalisation : En trois étapes avant le produit final : développement des solutions digitales, élaboration de tests, puis ajustements.
  • La mise en production : Déploiement de la solution (en mode SaaS ou installée).

Une fois le déploiement réalisé, nous mettons en œuvre une logique d’amélioration continue avec nos clients pour inscrire le projet dans un cercle vertueux de performance.

La clé de la réussite est basée sur la motivation du porteur du projet (sponsoring projet) puis sur la force du responsable de projet à convaincre et réunir un comité stratégique efficace pour définir les objectifs, les contenus, les décors, le type de scénario, etc. C’est pourquoi, je préconise de réaliser en amont une formation interne afin de sensibiliser nos interlocuteurs à la culture du Digital Learning et du Serious Game, pour fluidifier par la suite la production grâce à l’adoption d’un langage commun.

Quels sont les retours des apprenants ? Des entreprises ?

Il faut bien comprendre qu’un Serious Game dans un cadre de formation ne remplace pas un formateur, mais il vient compléter la formation en permettant une immersion totale de l’apprenant dans un environnement de travail.

On constate un taux d’abandon très faible

Les retours sont très bons, car on constate un taux d’abandon très faible, comparativement à d’autres modalités. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit de formation continue, au sens propre du mot « continu », c’est-à-dire que l’apprenant doit régulièrement s’entraîner afin d’avoir des automatismes comme dans un processus de formation classique.

Un élément clef du Serious Game est le scénario pédagogique. Pouvez-vous le définir ? Quels sont ses enjeux ? Qui rédige ce document ? En quoi est-il important ou pas ? Quelle est la bonne méthodologie pour sa rédaction ?

Le scénario pédagogique, ou le story-board, est avant toute chose construit pour servir des objectifs pédagogiques et opérationnels. Au même titre qu’une action classique de formation, il s’agit de définir un plan de formation, une échelle de progression, des évaluations de compétences acquises, etc. Il est important de travailler avec des experts métier de l’entreprise et/ou externes pour que la scénarisation prenne en compte tous les paramètres de l’environnement du client.

En fait, la scénarisation est un travail d’équipe, qui inclue également le directeur technique pour valider la faisabilité et les choix en fonction du budget et des délais. Le directeur artistique va également apporter sa pierre à l’édifice en termes de créativité.

Serious Factory remporte le Prix BPI France et le Grand Prix du jury pour sa solution d’entraînement innovante de formation Virtual Training Suite™. Pouvez-vous me décrire en quelques mots ce dispositif ?

Christian Gayton (à droite) au côté de  William Pérès PDG de Serious Factory lors de la remise du prix Learn’Innov Genius de la meilleure innovation dans le domaine de la formation.
Christian Gayton (à droite) au côté de William Pérès PDG de Serious Factory lors de la remise du prix Learn’Innov Genius (2014)

L’univers virtuel autorise la désinhibition et lève les barrières de la confrontation aux autres !

Serious Factory a conçu une nouvelle solution logicielle de formation Virtual Training Suite™ pour accompagner les entreprises dans la mutation de leur stratégie de formation à la relation client, et plus largement aux problématiques de relation interpersonnelle (management, leadership, travail collaboratif, etc.). Cette solution intègre différents outils complémentaires pour répondre à tous les acteurs du processus d’apprentissage.

Grâce à une immersion dans des situations proches du monde réel, les forces de vente peuvent désormais s’exercer avec Virtual Training Suite™. Avec de nombreux cas concrets, les apprenants peuvent mieux assimiler et perfectionner leurs compétences.

Du point de vue du formateur, la plateforme permet l’accompagnement des apprenants grâce à un support d’animation intégrée permettant le suivi de l’acquisition des compétences. De plus, le formateur dispose d’une interface de pilotage de supports de cours qu’il peut commander au moyen d’une tablette tactile, pour plus de dynamisme.

L’environnement graphique 3D temps réel permet de reproduire des situations réalistes très proches de la réalité, d’interagir dans le virtuel comme dans la vraie vie, tout en dédramatisant la formation. Cette approche permet une mise en situation graphique et de jouer sur les émotions. L’univers virtuel autorise la désinhibition et lève les barrières de la confrontation aux autres.

Finalement, le Serious Game peut s’adapter à tous les secteurs ? Comment va-t-il évoluer ? Et qu’en est-il pour les patrimoines touristiques ?

Tout reste à faire !…

Tout reste à faire ! Je ne suis pas spécialiste en patrimoine, mais j’y suis favorable, cependant comme dans un programme de formation rien ne remplace un bon guide. Une intégration interactive avec un guide pourrait être une bonne solution.

Plus généralement, il faut réfléchir désormais à des dispositifs de Serious Game et de Digital Learning à moyen/long terme, et non comme des outils à usage unique. L’avenir du Serious Game passe à mon sens, par la prise en considération de cette dimension de pérennité et d’évolutivité du dispositif d’une part, et par la pertinence des contenus d’autre part, car il s’agit au fond d’améliorer la performance individuelle des collaborateurs et la performance collective des organisations.

L’industrialisation des techniques de production a permis de baisser les coûts de production et de proposer de nouveaux modèles économiques, basés sur l’abonnement à un service et non plus sur l’achat d’une prestation de service.

Les Serious Games ont donc encore un bel avenir devant eux !


Pour plus d’info :

http://www.seriousfactory.com

http://www.seriousfactory.com/blog/seriousfactory-vainqueur-learninnov-genius/

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